Categories

A sample text widget

Etiam pulvinar consectetur dolor sed malesuada. Ut convallis euismod dolor nec pretium. Nunc ut tristique massa.

Nam sodales mi vitae dolor ullamcorper et vulputate enim accumsan. Morbi orci magna, tincidunt vitae molestie nec, molestie at mi. Nulla nulla lorem, suscipit in posuere in, interdum non magna.

photographie numeriques, ressources

+
http://www.poptronics.fr/Les-glan-d-eurs-numeriques-de-l
+
de Fluctuat.net Incomparable ressource d’informations sur l’histoire et la théorie de la photographihttp://rezo.ensa-bourges.fr/e, du début du XXe siècle à aujourd’hui, le site American Suburb X, créé en 2008, est une véritable mine d’or. Son fondateur, le photographe Doug Rickard, le présente comme une plateforme consacrée au « pertinent passé, au présent en radicale évolution, et au futur en développement perpétuel » de la photographie.

Le site n’est pas une banque d’images. Sont disponibles sur ASX des dizaines de contenus divers (certains originaux, la plupart publiés en partenariat avec des revues papier ou web, ou libres de droit) : interviews de photographes, critiques et articles plus ou moins récents qui ont fait date dans l’historiographie de la photo, ou actualisent sa perception. Exemples : un article de Larry Clark sur sa fameuse série Tulsa, daté de 1971, les Lettres à mes parents de Brassaï (en anglais), ou encore un entretien audio avec Weegee, enregistré en 1958…

Site cousin, These Americans rassemble les archives des grandes institutions de photographie américaines (Bibliothèque du Congrès, Smithsonian Institution, New York Public Library…). On y balaie ainsi l’histoire des Etats-Unis et de ses habitants, regroupées par thématiques, telles que les pinups, Los Angeles, l’esclavage, le polaroïd, etc. Des documents vidéo viennent compléter ce portrait unique des U.S. par la photo, en perpétuelle évolution.
++++++++++
article de Liberation sur l’exposition «From Here On» à Arles :
La photo capturée par le Net
Par PHILIPPE AZOURY Envoyé spécial à Arles

Tendance . Initiée autour d’un manifeste iconoclaste, l’expo «From Here On» à Arles met en avant les travaux d’artistes qui détournent des images puisées sur le Web.

«Maintenant, nous sommes une espèce d’éditeurs, tous, nous recyclons, nous faisons des copiés-collés, nous téléchargeons et nous remixons. Nous pouvons tout faire faire aux images. Tout ce dont nous avons besoin, c’est d’un œil, un cerveau, un appareil photo, un téléphone, un ordinateur, un scanner, un point de vue.» Le manifeste que viennent de cosigner, à Arles, Clément Chéroux (conservateur au centre Pompidou), Joan Fontcuberta (artiste catalan), Erik Kessels (artiste néerlandais), Martin Parr (photographe superstar anglais) et Joachim Schmid (allemand travaillant essentiellement sur des photos trouvées) prône une photo qui nous montrerait une métamorphose en cours. Où, pour être photographe, un ordinateur et une bonne connexion internet suffisent.

Ironie glaçante. La pratique a tout simplement changé, s’est élargie, et quotidiennement, ce sont des dizaines de joyeux faussaires, de «reporters de canapé» et autres observateurs ironiques du virtuel qui ont investi le champ photographique. Une trentaine d’entre eux sont exposés aux Ateliers de mécanique d’Arles, un des plus grands entrepôts alloués aux Rencontres photographiques qui durent encore pendant trois semaines.

L’exposition, dont les cinq cosignataires du manifeste sont aussi les commissaires, s’appelle «From Here On». Traduire par «A partir de maintenant». Parce qu’à partir de maintenant, les choses seront différentes. On ne reviendra plus en arrière, et il va falloir prendre ces iconoclastes au sérieux. C’est le beau scandale d’Arles 2011, son geste esthétique, plus stimulant que provocateur : faire bouger les lignes en ouvrant la Mecque des festivals de photo à ces hommes sans caméra, ces geeks se passant de tout savoir-faire technique, envoyés spéciaux revenus de tout jetant depuis chez eux une ironie glaçante sur un présent de plus en plus numérisé. Ils se photographient en chemisette hawaïenne, la banane aux lèvres et l’air ahuri, en copié-collé sur des photos des sites volcaniques les plus dangereux du monde (Thomas Mailander et son Extreme Tourism). Ils cherchent la petite bête, compilant des photos de webcam sur lesquelles des queues d’oiseaux couvrent en partie l’écran (Kurt Caviezel). Ils accolent des dizaines de photos du dictateur nord-coréen Kim Jong-il tripotant démagogiquement des légumes sur des marchés (Marc Bohr et son blog kimjongillookingatthings.tumblr.com).

Ils sont dans l’anecdote, dans la connerie, mais pas simplement. Ils ont troqué la rencontre avec l’Autre, appareil en bandoulière, contre un peu de JPEG. Géographiquement, leur monde se répartit entre la plateforme de microblogging Tumblr, l’application Google Street View (lancée en mai 2007), les murs Facebook et le site de partage Flickr. Ils traversent ça en surfeurs : compilant au hasard de leurs obsessions, leur seul point de vue pour moteur de recherche. Et quand parfois ils trafiquent les images, ce n’est pas pour nous mentir sur la marchandise, mais pour dénoncer la matière malléable dont ils sont eux-mêmes faits. Et rappeler que nous nageons dans un océan sans empreinte.

Ainsi le Tchèque Pavel Maria Smejkal proposant les grands clichés du XXe siècle, telle la photo symbolique de la place Tiananmen en mai 1989, mais après qu’il en a effacé l’action (plus de colonne de chars ni d’opposant courageux), alertant autant sur la fin de l’image vérité que sur celle de l’histoire. A force de baigner dans le faux, ces nouveaux photographes sont dans le vrai. Dans sa série «Dutch Landscapes», Mishka Henner reproduit des clichés survolant des sites militaires ou énergétiques, lesquels sont systématiquement «floutés» par les autorités à l’aide de jolies mosaïques, qui les font ressembler aux géométries parfaites des champs de tulipes hollandais.

Échanges barbares. En introduction a son magnifique livre ANAP (A New American Picture), Doug Rickard – l’homme derrière American Suburb X, le meilleur blog photo au monde – a préféré, plutôt que d’écrire un texte de préface, juxtaposer une série de 250 mots-clés : JPEG, Katrina, Crack, Democracy ou Bankrupt. On ne pouvait pas mieux décrire la brutalité même des photos de Rickard, qui offrent une plongée directe dans Google Street View. Ses captures montrent une Amérique errant sans but dans des artères saturées de soleil (la qualité basse des modes de compression vomit les couleurs). Une Amérique noire, neuf fois sur dix, pauvre, ruinée, acculée à la dette. Une Amérique anonyme mais néanmoins surveillée par l’œil de bœuf des caméras territoriales installées par Google.

ANAP, tiré à 200 exemplaires seulement il y a un an, est déjà un des livres les plus recherchés par les collectionneurs. Car dans son geste, Rickard aura lancé toute une démarche qui va débusquer au plus profond de la Toile un monde vernaculaire, fermé. Ce que le livre de Rickard a déplacé, théoriquement, on ne finit pas de le constater depuis un an, tant d’autres lui ont emboîté le pas. Tel Jon Rafman, qui traque, toujours sur Google Street View, les rues ou les artères d’autoroutes où règne la prostitution. Ses photos sont des paysages de prostituées mettant à poil une humanité fondée sur des échanges plus que jamais barbares. Mais Rafman n’a pas eu le temps d’en faire un livre qu’il s’est déjà fait doubler par Mishka Henner, qui vient de sortir un petit No Man’s Land qui porte exactement sur le même sujet. C’est la morale de cette photographie sans auteur : toutes les bonnes idées sont dans l’air. Car à partir de maintenant, elles sont aussi par tous téléchargeables.

From Here On:

Rencontres d’Arles (13). Jusqu’au 18 septembre. Rens. : www.rencontres-arles.com

Leave a Reply